Homélie du 2ème Dimanche du TO (A) 2017

Jn 1, 29-34 
 En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara :
« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »
  Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : ‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.’ Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

  Ne pourrait-on pas parler, au sujet de cet évangile, de la Pentecôte de Jean-Baptiste ? Nous réalisons, bien sûr, qu’avec ces paroles du Précurseur, nous avons affaire à l’événement du baptême de Jésus. Jean-Baptiste se trouve encore sur les bords du Jourdain. Il vient de recevoir les envoyés des autorités religieuses de Jérusalem, et il leur a expliqué, pour répondre à leur enquête, qu’il n’était pas le Christ, ni Élie, ni le prophète attendu pour la plénitude des temps. Il voit maintenant Jésus venir vers lui, et il déclare à son propos : « Voici l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ». Il ajoute une parole un peu énigmatique, mais qui manifeste clairement la grandeur de la personne qui s’approche et à qui il rend hommage : «  C’est de lui que j’ai dit : l’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était ». Plus encore : cet homme, qui reste un inconnu pour ses contemporains, est celui qui a été la raison de la mission que, lui, Jean-Baptiste, accomplit depuis plusieurs mois : « Si je suis venu baptiser dans l’eau, poursuit-il, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël ». Les personnes présentes, qui entendent ces paroles, apprennent de la sorte que leur attention doit se porter désormais sur celui qui arrive et dont la mission unique va maintenant se révéler.

   Si Jean-Baptiste peut parler de la sorte, c’est qu’il a lui-même bénéficié d’une révélation particulière au moment du baptême de Jésus. En effet, il explique encore : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui ». Cette manifestation extérieure était un signe venant de Dieu, dont le sens lui avait été expliqué auparavant. Jean-Baptiste déclare à ce propos : « Celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint” ». Fort de cette explication, Jean-Baptiste a pu identifier celui que Dieu envoyait pour libérer l’humanité de ses péchés. Jean tire la conclusion de tous ces éléments en déclarant de façon solennelle : « Moi, j’ai vu et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu ».

    Si Jean-Baptiste a pu reconnaître qui est véritablement Jésus à l’occasion de son baptême, c’est parce que l’Esprit Saint s’est manifesté à ce moment-là et lui a permis de réaliser quelle mission Jésus était venu accomplir. L’Esprit de Dieu l’a conduit « dans la vérité toute entière » (Jn 16,13) et a fait de lui un témoin. Jean-Baptiste utilise précisément le verbe « témoigner » pour qualifier sa parole sur Jésus de même que l’évangéliste Jean parle de « témoignage » pour introduire sa présentation de l’événement. Ce sont également des « témoins » de Jésus que sont devenus les disciples au jour de la Pentecôte grâce au don de l’Esprit Saint qui leur a été fait, venant sur eux pour qu’ils soient « témoins […] jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8).

   Nous mesurons la force de ce témoignage de Jean-Baptiste concernant le Seigneur dans l’évangile de ce jour. Le mystère de Jésus est dévoilé. Il est « l’agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde ». Le témoignage de Jean-Baptiste permet de comprendre tout ce qui sera présenté dans la suite du quatrième évangile. Il prépare les lecteurs à accueillir Jésus comme le Sauveur du monde (cf. Jn 4, 42).

     Ce récit, que la liturgie nous offre en ce dimanche, nous aide à ouvrir notre cœur et notre esprit à la personne  de Jésus qui nous libère de nos servitudes et nous ouvre le chemin vers un monde nouveau. Entre Noël et Pâques, au début du Temps Ordinaire de notre année liturgique – c’est à dire le temps de la vie quotidienne dans lequel se vit la fidélité au long des jours –, la parole de Jean-Baptiste nous fortifie dans notre désir de faire au Christ toute la place qui lui revient pour qu’il transforme nos existences et nous renouvelle intérieurement. Il nous donne d’avoir part à la joie qui est celle de « l’ami de l’époux » (Jn 3, 29).

   Cela se réalise si nous nous laissons guider par l’Esprit du Seigneur, l’Esprit de Pentecôte, qui fait de ceux qui le reçoivent des « témoins ». Il suffit que nous laissions l’Esprit agir en nos cœurs, l’Esprit qui nous a été donné au baptême. Nous pouvons alors, à l’imitation de Jean-Baptiste, reconnaître Jésus présent dans notre vie et être témoins de l’espérance qu’il apporte à notre humanité. Amen.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *